Jour après jour, Seaspiracy devient moins pertinent, enterré dans la queue sans fin de la plus grande plateforme mondiales de streaming. Le mois dernier a été rempli de vérification de faits, de guerre à la flamme, et d’accusations de financement. Bien que cela ait tiré le pire de tout le monde sur les réseaux sociaux, il a réuni la communauté de la Science marine et des parties prenantes. Il y a un consensus clair que ce film est terrible. Même Ray Hilborn et Daniel Pauly sont d’accord !
Really great article by Daniel Pauly on Seaspiracy. I agree with all of his points. Link below: https://t.co/rLoG7vMdj1
— Ray Hilborn (@hilbornr) April 13, 2021
Could be the painkillers I'm on, but this is all I've been thinking about: pic.twitter.com/wub5B3tFaN
— Max Mossler (@MaxMossler) April 14, 2021
Je grimace à la vue de la stupide « page des faits » du créateur du film, une régurgitation de chaque fausse assertion du film listée par ordre chronologique. Mais je le reconnais – nous nous sommes fait avoir. Les créateurs n’avaient aucune intention de présenter des faits ou bien d’avoir une discussion honnête sur la santé de l’océan ; ils cherchaient à créer un divertissement de l’horreur en s’acharnant sur l’industrie des produits de la mer. Et ils y ont réussi. Pour ceux d’entre nous du monde des produits de la mer durable, la blessure est profonde et il est peu vraisemblable qu’elle cicatrise rapidement.
Les entreprises des produits de la mer ne méritaient pas ça. Ceux qui s’appuient sur la meilleure science disponible, qui ont des politiques d’approvisionnement publiques, qui l’appliquent à leur chaîne d’approvisionnement, et qui recherchent des certifications sont impactés de façon disproportionnée. Le film conclue qu’il n’existe pas de produits de la mer durables, faisant de ceux qui la recherche des menteurs et des charlatans. Une entreprise de produits de la mer qui n’a aucune prétention d’être durable aura moins de chance d’avoir des retours négatifs que l’inverse.
C’est là qu’on trouve la partie la plus dégoûtante de ce film : il décourage la durabilité. Les produits de la mer durables sont souvent plus chers que les alternatives non-durables, et des études suggèrent que les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher pour des produits de la mer environnementalement durables. Essayer de s’approvisionner de produits de la mer durables coûte du temps, de l’argent et de la persévérance. C’est comme se brosser les dents, on ne peut pas juste le faire une fois et être considéré comme propre. Un programme de produits de la mer durables efficace nécessite des ré-évaluations régulières et une attention constante, sinon la plaque dentaire s’accumule. L’engagement dans la durabilité empêche un pêcheur de pêcher dans une aire marine protégée même si elle peut être remplie de poissons de valeur ; il empêche un chef de remettre à son menu un ingrédient apprécié ; il nécessite qu’un supermarché de taille moyenne investisse des ressources significatives dans un programme de certification des produits de la mer chaque année.
Mais pourquoi s’embêter si les consommateurs critiquent ces efforts ? Peut-être que ce serait plus simple de juste acheter les produits les moins chers et d’ignorer entièrement la durabilité.
J’ai travaillé dans les produits de la mer depuis plus de 10 ans, acceptant des postes qui payent moins pour travailler pour des entreprises et des organisations qui mettent la priorité de la durabilité devant les profits. Je suis profondément offensé par l’argument qu’il n’existe pas de produits de la mer durables et par l’assertion que tous ceux qui travaillent dans cette industrie conspirent contre toute la vie marine.
Mais je concèderais qu’il est trop difficile pour le consommateur moyen de naviguer au milieu des ressources disponibles, sans parler de faire des achats informés au magasin. La durabilité est une cible mouvante et les meilleures recommendations changent tout le temps. C’est confusant pour la plupart des consommateurs et inspire peu de confiance dans les systèmes de notation de la durabilité des produits de la mer qui changent constamment. Les évaluations de stock sont plus proches du bulletin météo que des dix commandements.
Mais dire qu’il n’existe pas de produits de la mer durables est entièrement faux.
Il y a de nombreuses façons de réfuter cela, en se référant à la loi Magnuson Stevens sur la conservation et la gestion des pêches (Magnuson Stevens Fishery Conservation and Management Act, MSA), ou en citant l’Initiative Mondiale de la durabilité des produits de la mer (Global Sustainable Seafood Initiative GSSI), un point de repère accepté à l’international pour la durabilité des produits de la mer. Daniel Pauly l’a très bien dit lorsqu’il a expliqué qu’il y a aussi une définition scientifique, appelé Rendement Maximum Durable (RMD). Dire à un halieute qu’il n’y a pas de produits de la mer durable est aussi ridicule que de dire à un météorologiste qu’il n’existe pas de températures où il gèle.
Mais bien sûr, les gens sont perméables aux mensonges fondés sur des raisonnements pauvres et emballés dans le divertissement. Un voyou de réalisateur a aussi porté un coup étourdissant à certaines des organistions de conservation marine et des autorités de durabilité les plus largement supportées et bien financées du monde. Les scientifiques seront toujours à leur désvantage face à une plateforme de streaming dont le contenu est toujours tenu de divertir, jamais d’informer. Pourtant, cette expérience montre le risque de rendre notre audience plus étroite et d’ignorer la perspective du consommateur.
Mon premier penchant pour démontrer la confiance dans les systèmes des produits de la mer durables est de supporter les récoltants et les producteurs des produits de la mer. Tôt pendant la pandémie, nous avons créé une carte des produits de la mer pour amener une demande bien nécessaire aux pêcheries qui supportent des communautés, aux coopératives de pêche, aux premiers réceptionnaires des débarquements de pêche, et aux vendeurs de produits de la mer en gros qui étaient coincés avec l’approvisionnement de services alimentaires de haute qualité frais ou congelés, et qui avaient besoin d’aide pour vendre directement au consommateur. Ça a été un succès énorme, mais cela a peut-être perpétué une critique commune des produits de la mer : c’est cher et ce n’est pas accessible à tout le monde.
Pour répondre aux consommateurs qui n’étaient pas concernés par notre projet de carte des produits de la mer, et pour parler directement à ceux qui ne croient pas que les produits de la mer durables est une chose qui existe, je vais constituer un court guide pour se repérer au milieu des offres qu’on trouve dans tout supermarché des États-Unis. Que vous fassiez vos achats dans un grand supermarché à Seattle ou bien dans une station service du Nebraska, ce quide vous permettra de faire des choix éduqués sur les produits de la mer.
Une bonne façon de contrecarrer Seaspiracy est d’envoyer un message à l’industrie que les produits de la mer durables sont importants pour vous en tant que consommateur : vous êtes prêts à les rechercher, à poser des questions sur leur traçabilité, et de payer un peu plus quand cela est possible.
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Jack Cheney
Jack has sourced, sold, cooked, and sustainably certified seafood over the past 15 years. In addition to his contributions to Sustainable Fisheries UW, he is working to increase traceability into supply chains and educate consumers, chefs and retailers on the value of environmentally sustainable seafood. He earned a Master's in Marine Affairs from the University of Washington in 2015.



