La gestion des pêches est composées de petites actions concrètes – quelles sont les meilleures ?

La gestion des pêches est un concept fourre-tout qui couvre une collection de réglementations des pêches de définition plus fine. Dans son ensemble, elle est constamment évaluée : p. ex. la FAO porduit un rapport bisannuel sur le statut des pêches mondiales ; la NOAA produit un statut annuel des stocks pour le congrès et le peuple américain. Ce qui manque cependant, c’est une évaluation des réglementations plus fines au sein de la gestion des pêches. Il y a beaucoup de leviers que les gestionnaires peuvent actionner pour modifier la pression de pêche – quels sont les plus efficaces ? Quels sont les outils que les gestionnaires devraient chercher dans la boite à outils de la gestion des pêches ? Un nouvel article, Melnychuk et al. 2021, évalue ces réglementations spécifiques pour déterminer lesquelles sont les meilleures contributrices aux systèmes de gestion des pêches efficace. 

Quels sont les exemples de réglementation pour la gestion des pêches ?

En termes simples, la gestion des pêches régule l’intensité de la pression de pêche sur une population de poissons. L’objectif est de maintenir la biomasse du stock dans une gamme durable ou bien de reconstruire les populations effondrées à un niveau sain. 

Dans l’article, les auteurs divisent la gestion des pêches en deux types basiques : les réglementations à l’échelle du stock et les politiques nationales ou internationales. Les réglementations à l’échelle du stock ciblent des populations de poisson spécifiques et incluent des aspects basiques comme évaluer et suivre la biomasse du stock, mais aussi des aspects plus complexes comme implémenter un système de captures basé sur des quotas. Les réglementations nationales ou internationales sont à grande échelle, au-delà des stocks individuels, comme revendiquer une Zone Économique Exclusive (ZEE) ou bien avoir une politique nationale pour gouverner les pêcheries. Par exemple, la loi Magnuson-Stevens gouverne la pêche aux États-Unis, alors que la Politique Commune des Pêches le fait en U.E.

La gestion des pêches au cours des 50 dernières années.

Les chercheurs ont retracé l’histoire de la réglementation et de la population de 288 stocks de poisson (représentant 30 % des captures déclarées) pour déterminer comment les actions de réglementations ont interagit avec les changements de statut des stocks. Les scientifiques ont construit un index de réglementations au niveau du stock et au niveau national pour retracer « l’intensité » de la gestion de chacun d’entre eux au cours du temps. La figure ci-dessous montre comment l’intensité de la gestion à la fois au niveau du stock et au niveau national/international a augmenté au cours des 50 dernières années.

Les chercheurs ont trouvé, et de loin, que l’action de gestion au niveau du stock qui a eu le plus d’impact était la mise en place d’un plan de reconstruction – une réduction drastique et formalisée de la pression de pêche qui a pour but de permettre à un stock surpêché de se reconstruire rapidement. Les plans de reconstruction ont été traités à part dans l’article car ils peuvent être activés ou désactivés à vouloir chaque année, alors que les autres mesures sont habituellement permanentes une fois mises en place.

Figure 1 from Melnychuk et al. 2021.
Ceci est la Figure 1 de Melnychuk et al. 2021. Le violet représente les plans de reconstruction, le bleu les mesures de gestion au niveau du stock et l'orange les mesures de gestion au niveau national/international. En haut à droite, on trouve les différentes lignes en pointillés bleus qui composent la ligne bleue continue de l'indicateur d'intensité de gestion au niveau du stock, et en orange les différentes lignes en pointillés qui composent la ligne orange continue de l'indicateur d'intensité de gestion au niveau national/international. Le graphique en haut à gauche représente la proportion des 288 stocks qui ont eu les mesures implémentées au cours du temps. Un repère temporel de l'intensité qui s'enfonce au cours du temps est représenté dans le graphique du bas. D'après Melnychuk et al. 2021.

La figure ci-dessus montre comment la gestion des pêches a changé au cours des 50 dernières années. De façon générale, elle est devenue plus intense (i.e. meilleure) au cours du temps, mais le besoin croissant de plan de reconstruction montre qu’elle n’a pas été assez bonne (jusqu’à récemment). La figure suit la tendance simplifiée du statut des stocks mondiaux : les pêcheries se sont développées dans les années 1960-1970, ont maturé et on souvent été surpêchées dans les années 1980-1990, ensuite la gestion s’est intensifiée à partir des années 1990 jusqu’à présent et les stocks de poisson ont commencé à se reconstruire de façon stable. L’histoire de la gestion de cet article va bien de pair avec Hilborn et al. 2020, un article qui a retracé la biomasse des mêmes stocks de poisson et qui a trouvé que la plupart étaient en bonne santé ou en reconstruction, indiquant que la surpêche de ces populations avait été enrayée.

Les plans de reconstruction sont très efficaces, mais pas leur objectif

En l’absence de réglementation, la société encourage la surexploitation de ressources communes partagées, comme les émissions de carbone qui exploitent l’atmosphère que nous partageons. Les pêcheries se sont développées de manière similaire, où peu ou pas de gestion a mené à la surpêche. Cependant, les plans de reconstruction ont été un outil de gestion efficace pour mettre fin à la surpêche et améliorer les niveaux des populations. Mike Melnychuk, l’auteur principal de l’article explique, « quand les stocks de poisson sont effondrés à cause de la surpêche, des mesures d’urgence qui impliquent une réglementation plus stricte peuvent être mises en place. Quand ces plans de reconstruction sont mis en place, ils ont tendance à diminuer immédiatement la pression de pêche et de permettre à l’abondance des stocks de récupérer. »

Figure 4 from Melnychuk et al. 2021
Ceci est la Figure 4 de Melnychul et al. 2021. Le panneau du haut montre comment la pression de pêche (U/Uref) varie au cours du temps avant et après que les mesures de gestion soient implémentées. On peut voir l'efficacité des plans de reconstruction pour réduire la pression de pêche. Le panneau du bas montre comment la biomasse des stocks de poisson (B/Bref) change avant et après que les mesures de gestion soient implémentées. On peut voir comment un plan de reconstruction améliore la biomasse rapidement. Le rapporte entre la pression de pêche et la biomasse est considéré comme durable par la FAO entre 0.8-1.2.

Les plans de reconstruction sont la façon la plus efficace de reconstruire un stock effondré, mais l’objectif devrait être de ne pas en avoir besoin, Melnychuk dit « si les systèmes de gestion des pêches sont suffisamment solides, alors la surpêche peut être évitée et d’importantes captures durables peuvent être réalisées chaque année, ce qui enlève la nécessité de mesures d’urgence comme les plans de reconstruction. »

Cependant, la gestion hors des situations d’urgence est complexe. Il est difficile de mesurer quelles actions de gestion spécifiques ont le plus d’impact, mais les preuves vont vers un effet cumulatif – plus il y a d’action de gestion, mieux c’est. « Au fur et à mesure que les mesures de gestion sont mises en place, la pression de pêche diminue généralement vers des niveaux durables et l’abondance des stocks augmente habituellement vers les cibles de gestion » dit Melnychuk. Il compare la gestion des pêches au modèle du « fromage suisse » pour empêcher qu’une maladie ne se répande – chaque mesure a des trous, mais lorsqu’on les empile on obtient une protection complète.

Mise en garde sur la capacité

Lorsqu’on s’intéresse à n’importe quel jeu de données mondial sur les stocks de poisson, une réserve est que la disponibilité en données est souvent limitée par la capacité de gestion – les stocks de poisson avec une information limitée quant à leur statut biologique tendent à être les stocks avec une gestion et un contrôle plus faibles. Cet article comprend 288 stocks – un travail impressionnant (et certainement un progrès), mais qui ne représente pas le tiers de la capture totale déclarée (pour ne pas parler des captures non déclarées). 

La capacité scientifique a permis à ces données d’être collectées, la capacité de contrôle permet aux réglementations de faire leur travail. Sans cette capacité de gestion, les pêcheries se développent par elles-même, ce qui mène à la surpêche. 

La bonne nouvelle est que nous connaissons l’efficacité des plans de reconstruction et des réglementations empilées pour pousser ces stocks vers la durabilité une fois que la capacité est développée. 

Image de Max Mossler

Max Mossler

Max is the managing editor at Sustainable Fisheries UW.

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